Deux témoignages poignants sur les H’mongs

hmong.jpgEt aussi cet article que le Figaro magazine publie dont Je  ne peux m’empêcher de relayer ici les deux témoignages poignants sur mon  blog.

« On les appelait les seigneurs aux pieds nus », raconte Jean Sassi, figure mythique des Services Spéciaux et Président d’honneur du 11ème choc. Pendant 10 ans, il vécut avec eux. C’est lui qui commandait « l’Opération D » (pour desperado) : fin avril 1954, avec 2.000 H’mongs des maquis « Malo-Servan-Sangsue » et une poignée de Français. Il tenta de porter secours aux assiégés de Diên Biên Phu. Le 7 mai, après une semaine de marche forcée, la colonne parvint aux abords de la cuvette. Trop tard. Diên Biên Phu venait de tomber. « On a quand même pu exfiltrer environ 150 rescapés », précise Jean Sassi. Les H’mongs de « l’Opération D » refusèrent d’être payés en barres d’or, ainsi que le proposait le commandement.
La IVème  République les récompensa à sa manière : quelques semaines plus tard, Jean Sassi reçoit l’ordre d’évacuer et de désarmer. Il refuse, gagne du temps. En profite pour acheminer du matériel : « je les ai armés alors que j’avais ordre de les désarmer ». Jusqu’à ce jour de mars 1955 où l’officier français doit partir, la mort dans l’âme : « les H’mongs n’arrivaient pas à le croire. C’était affreux ». © Jean-Louis Tremblais, Le Figaro Magazine 05/07/08

« Ils nous avaient choisi ».
par Pierre Schoendoerffer, cinéaste et écrivain, de l’Institut.

Une piste abrupte, toute droite quels que soient les obstacles, noyés d’une froide brume blafarde et un son étrange, inhumain, qui poigne le cœur. Dans le courant ascendant d’un col se devine une structure fantomatique des grands bambous dressés. Une orgue, une flûte de pan géante dont le vent est l’instrumentiste ; mélopée aléatoire, voix inarticulées, incompréhensibles mais impérieuses des Génies. Un peu plus haut sur la crête, au-dessus des nuages, ils étaient là, debout tout de noir vêtus, avec leurs vieux fusils à poudre noire se chargeant par le canon. Au-dessus de leurs têtes le soleil, à leurs pieds une mer de sombres nuées d’où émergeaient les sommets des « Cent Mille Monts » comme des îles de légende. Ils avaient sauvé l’un des nôtres, rescapé d’une embuscade là en bas dans la vallée, et nous étions venus pour le ramener chez nous. C’est ainsi que j’ai rencontré, il y a plus de cinquante-cinq ans, les Hmongs qu’on appelait alors Méos ou Miaos. Ils nous avaient choisis pour alliés dans cette guerre, de préférence au Viêt-Minh.
Le nôtre, celui qui avait survécu grâce à eux et que nous venions chercher nous mena à une tombe, creusée à flanc, surmontée d’une croix en bois que le vent et la pluie avaient décapée, infléchie à gauche, comme la tête du Christ. Hébergés et nourris dans le village, on avait rempli pour les Génies deux petite coupes de nourriture, on en avait aussi déposé une sur la tombe de notre camarade, puis, l’esprit en paix, on a vidé joyeusement la bouteille de « chum » perpétuellement renouvelée, verre après verre, cul sec, entre hommes. Je ne sais plus ce que nous avons mangé. Sans doute un de leurs cochons noirs, sangliers mal dégrossis que l’on avait vu rôder un carcan au cou pour les empêcher de dévaster les cultures. Outre la bouteille de cet abominable « chum », qui portait encore une étiquette fanée de vin de Bordeaux, il y avait une petite boîte ronde de Vache qui rit contenant encore trois petits triangles de fromage jauni : ultime trace visible de ce fut l’empire colonial français dans cette hutte sur pilotis du haut du bout du monde.
Ces Hmongs étaient aussi les plus joyeux des hommes. Je sais que par la suite, on leur a parachuté un instructeur, un poste-radio et une poignée de fusils Royal Enfield datant de la guerre de 14. Ils ont encore sauvé un certain nombre des nôtres et porté quelques coups pendables au Viêt-Minh, …

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sylvie vietnam vagabondage

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